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Maltraitance chez les personnes âgées : prévenir, reconnaitre, agir

Maltraitance chez les personnes âgées

La maltraitance des personnes âgées est bel et bien reconnue. 600 000 d’entre elles seraient touchées en France et 1 sur 10 dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le portail du ministère de la Santé français, dédié à l’autonomie des personnes âgées et à l’accompagnement de leurs proches, aborde ce sujet pourtant encore tabou et sensibilise les seniors et leur entourage à ce fléau en leur apportant des réponses en termes de prévention, d’aide et de soutien.

La maltraitance des personnes âgées, c’est quoi ?

La maltraitance est définie par le Conseil de l’Europe comme "tout acte de négligence ou omission commis par une personne, s’il porte atteinte à la vie, à l’intégrité corporelle ou psychique, à la liberté d’une autre personne ou compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à la sécurité financière.". Comme pour tous les individus, la maltraitance des personnes âgées constitue une atteinte aux droits de l’Homme.

Elle peut s’exercer au sein de la famille de la personne âgée comme dans un établissement tel qu’un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou une maison de retraite. On distingue 2 formes de maltraitance : la maltraitance par inadvertance, c’est-à-dire des négligences vis-à-vis d’une personne âgée sans l’intention de nuire mais plutôt en raison d’un manque d'information, de connaissance, de formation, ou par épuisement par exemple. La seconde forme de maltraitance est dite intentionnelle. Là, les négligences et les agissements envers la personne âgée ont comme principal objectif de nuire.

La maltraitance des personnes âgées peut revêtir plusieurs formes :

  • la maltraitance psychologique : dévalorisation de la personne, insultes, menaces, culpabilisation, humiliation, harcèlement, etc,
  • la maltraitance physique : coups ou soins donnés sans aucune attention,
  • la maltraitance financière : vols, procurations abusives, escroqueries, etc,
  • la maltraitance médicale : excès ou privation de médicaments, privation de soins et d'hygiène, douleur non prise en charge, abus de sédatifs, etc,
  • la maltraitance civique : limitation des contacts avec l'extérieur, mise sous tutelle abusive, etc.

Quels sont les facteurs de risque de maltraitance d’une personne âgée ?

La maltraitance d’une personne âgée est favorisée par son état de vulnérabilité (isolement, fragilité, démence, handicaps, etc.). Les aidants qui ne sont pas bien préparés à s’occuper, d’autant plus en continu, de personnes âgées très dépendantes, qui présentent des troubles du caractère notamment, sont susceptibles d’avoir des actes de maltraitance soit parce qu’ils se sentent dépassés par la tâche, soit parce qu’ils sont fragiles psychologiquement ou encore parce qu’ils ne reçoivent pas de gratification en retour de leur difficile implication auprès de la personne âgée.

Au sein des établissements spécialisés pour les personnes âgées, certains facteurs peuvent favoriser la maltraitance. La surcharge de travail, des dysfonctionnements au sein des équipes ou encore des problèmes de gestion de personnel ou financière constituent autant de situations pouvant entrainer des cas de maltraitance.

Comment reconnaître les signes de maltraitance chez la personne âgée ?

Même si la maltraitance est difficile à reconnaître chez une personne âgée, quelques signes peuvent toutefois alerter l’entourage : la personne âgée paraît méfiante, apeurée ; elle présente des signes de dépression ; elle est apathique ; elle chute très souvent ; elle présente des traces de blessures non explicables. Du côté de l’aidant aussi des signes peuvent interroger sur la présence d’un cas de maltraitance ou non : l’aidant déprécie la personne âgée dont il s’occupe ; il s’en plaint ; il la réprimande ou l’isole.

Que faire en cas de maltraitance d’une personne âgée ?

Que vous soyez témoin ou victime de maltraitances envers une personne âgée, il est indispensable, et même obligatoire, de le signaler. Les cas les plus graves de maltraitance doivent être signalés au Procureur de la République et aux services de police et de gendarmerie, sous peine d’être puni de 3 ans de prison et de 45 000 euros d'amende pour non-assistance à personne en danger.

Lorsqu’elles sont le fait d’un professionnel d’un établissement ou d’un service pour personnes âgées, le signalement doit d’abord être fait auprès du supérieur hiérarchique et auprès de l’agence régionale de santé (ARS) dans le cas de maltraitance au sein d’un établissement hospitalier. L’ARS a le pouvoir de contrôler le service visé par un signalement de maltraitance et de donner des injonctions administratives, voire de déclarer la fermeture des structures concernées.

Quels que soient les faits de maltraitance envers une personne âgée, ces derniers peuvent être signalés via la plateforme 3977 qui oriente vers les services de secours en cas d’urgence ou qui instruit le signalement conjointement avec les instances locales compétentes en la matière.

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