Vous êtes ici : Les dossiers de Senior Magazine > Famille & Société > Personnes âgées et voiture, comment empêcher la personne âgée de conduire ?

Personnes âgées et voiture, comment empêcher la personne âgée de conduire ?

La voiture est le plus souvent considérée par les séniors comme un signe d’autonomie, comme la preuve qu’ils ne dépendent pas des autres et qu’ils peuvent se prendre en charge seul. C’est aussi un gage de mobilité alors que cette dernière devient problématique avec l’âge et entraîne souvent l’isolement social des personnes âgées. Pourtant, être âgé est considéré dans notre société comme un facteur de risque en matière de conduite automobile, alors que les personnes âgées ont moins d’accidents que les autres classes d’âge.

Personnes âgées et voiture, comment empêcher la personne âgée de conduire ?

Quelle utilisation de la voiture par les personnes âgées ?

"Les seniors de plus de 65 ans représentent un peu plus d’un quart de la mortalité routière (+25,2 %). 869 personnes âgées de 65 ans ou plus ont été tuées dans un accident de la route en 2017. Un chiffre en baisse de – 2 % par rapport à 2016" selon les données 2017 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Ils ont représenté 88 tués par million d’habitants, alors que les jeunes âgés de 18 à 24 ans, 108 tués par million d’habitants.

La voiture est pour un grand nombre de personnes âgées synonyme d’indépendance. Même si les séniors qui vivent en ville ont davantage tendance à emprunter les transports en commun, la majorité des personnes âgées utilisent leur voiture pour leurs courses, leurs démarches administratives ou partir en vacances. La voiture est souvent le moyen de locomotion dans lequel les personnes âgées se sentent le plus en sécurité et qu’elles considèrent comme le plus pratique.

À partir de 70 ans, l’utilisation de la voiture diminue toutefois en raison notamment de la densité de circulation dans les grands centres urbains et sur les grands axes, des difficultés de stationnement, mais aussi du prix élevé du carburant pour les séniors les plus modestes et pour certains, pour une question de préoccupation environnementale.

D’autres raisons sont également évoquées par les personnes âgées pour justifier la baisse de l’utilisation de leur voiture : les nouveaux panneaux du code de la route qu’ils n’ont pas appris, les radars automatiques dont ils ne connaissent pas forcément bien le fonctionnement ou encore le sentiment d’être en insécurité en raison de l’agressivité des autres usagers et la crainte des vols et des agressions.

Conduire la nuit ou à l’occasion de mauvaises conditions météorologiques ne sécurise pas non plus les personnes âgées. À partir d’un certain âge, les séniors évoquent aussi la fatigue, la perte d’attention et de vigilance pour expliquer les freins à l’utilisation de leur voiture. Le nombre de kilomètres parcourus baisse avec l’âge, ce qui en conséquence dégrade la capacité des séniors à s’adapter à des nouvelles situations en termes de conduite ou de repérage.

Adapter les voitures et la conduite aux personnes âgées

Malgré le vieillissement, et si l’état de santé de la personne âgée lui permet de continuer de conduire, l’adaptation des véhicules pour cette partie de la population peut constituer une alternative à l’arrêt complet de l’utilisation de la voiture, synonyme de perte d’indépendance.

Des sièges davantage adaptés (assise plus haute, meilleur maintien du dos, etc.), des rétroviseurs permettant d’élargir le champ de vision du conducteur, des portes plus larges pour une meilleure accessibilité ou encore privilégier des véhicules équipés de dispositifs permettant d’alerter le conducteur en cas de baisse d’attention, sont autant d’équipements utiles aux séniors pour rendre la voiture plus sûre et plus adaptée au vieillissement.

Des cours de code de la route et de conduite sous forme de remise à niveau, ainsi que des sensibilisations spécifiques à l’utilisation de la voiture lorsque l’on avance en âge, sont certainement à davantage mettre en place pour sécuriser et former les séniors qui souhaitent continuer à prendre leur voiture.

L’abandon de la voiture en raison de son âge

Aucun examen et suivi médical n’est exigé en France pour pouvoir continuer à conduire au-delà d’un certain âge. L’évaluation des performances de conduite est en effet difficile à mettre en place. Les capacités des séniors ne dépendent pas en effet de leur âge, mais bien de leur état de santé, très variable d’une personne à l’autre au même âge.

Les personnes âgées abandonnent l’utilisation de leur voiture le plus souvent de leur propre chef, après des accidents répétitifs, devant l’incapacité de se concentrer ou le déclin de leurs capacités motrices par exemple. Une décision toutefois difficile à prendre car elle est fortement corrélée à la vieillesse.

Les proches sont bien sûr les personnes les mieux placées pour évaluer les capacités de leur sénior à conduire, et à l’encourager à ne plus prendre sa voiture s’il court des risques.

Les médecins ont aussi leur rôle à jouer. En matière de prévention d’abord en proposant des tests auditifs ou visuels par exemple. À la suite d’accidents de santé graves type accidents cérébrovasculaires ou cardiovasculaires, hyper tension avec risque d’AVC, problèmes importants de vision comme la cataracte ou le glaucome ou encore les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer, ces professionnels de santé ont la possibilité d’indiquer à la personne âgée concernée les risques encourus à conduire un véhicule. L’administration de certains médicaments (anti-dépresseurs, somnifères, etc.) peuvent donner également l’occasion au médecin d’évoquer les contre-indications à la conduite d’une voiture. Dans tous les cas, ils peuvent relayer des informations d’organismes spécialisés dans la sécurité routière pour alerter sur les dangers de la conduite pour certaines personnes âgées.

Favoriser l’accompagnement des séniors dans leurs déplacements

Quand la personne âgée n’est plus apte à prendre son véhicule en raison de problèmes de santé physiques ou mentaux, il est important pour les proches ou les médecins d’accompagner ces séniors pour trouver des alternatives à ce défaut de mobilité.

Les séniors qui habitent en milieu urbain peuvent plus facilement remplacer leur voiture personnelle par les transports en commun (bus, métro, tramway, etc.). Il existe également dans de nombreuses villes des bus type navettes, plus petits et plus particulièrement adaptés aux besoins de mobilité des personnes âgées.

En milieu rural, ne plus pouvoir utiliser son véhicule est plus souvent problématique et synonyme d’isolement. L’entraide entre voisins est, entre autres, l’une des solutions à mettre en place pour y remédier. Faire appel à des services à la personne constitue également une bonne alternative.

Imprimer cette fiche   Flux RSS

Partager cette page sur les réseaux sociaux

Partagez votre expérience, donnez votre avis !

Prénom ou pseudo

E-mail

Texte

Code de sécurité à copier/coller ou à recopier : 5Ajq9V

Recevoir une notification par e-mail lorsqu'une réponse est postée

Continuez votre lecture