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Qu'est-ce que l'extrême vieillesse ? Comment accompagner son parent dans cette situation ?

La France compte aujourd’hui 1,5 million de personnes âgées de 85 ans et plus. Elles seront 4,8 millions en 2050. 10 % des plus de 75 ans vivent dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Près des deux tiers des personnes résidant en institution sont âgées de 85 ans ou plus. Quelle est la situation de ces personnes très âgées ? Comment les accompagner ? Comment soutenir les proches aidants ?

Qu'est-ce que l'extrême vieillesse ? Comment accompagner son parent dans cette situation ?

Qu’appelle-t-on l’extrême vieillesse ?

L’extrême vieillesse est caractérisée par le grand âge et le degré d’autonomie d’une personne. On considère généralement que l’on entre dans cette catégorie à partir de 85 ans. Âge à partir duquel l’état de santé se dégrade davantage (en grande partie des affections des os et des articulations chez les femmes, des maladies cardiovasculaires et le diabète chez les hommes) et la perte d’autonomie augmente : une personne sur cinq de plus de 85 ans est dépendante selon le ministère des Solidarités et de la Santé. C’est pourquoi la grande majorité de ces personnes très âgées ne peuvent plus vivre seule à leur domicile et sont obligées d’intégrer un établissement spécialisé. Elles sont 21 % après 85 ans à être dans ce cas et représentent 60 % des pensionnaires de ces établissements.

Pour les personnes très âgées qui continuent à vivre à leur domicile, leur état de santé se dégrade nettement avec l’âge. Ainsi, 39 % des plus de 85 ans dans ce cas déclarent des restrictions d’activité sévères, comme l’indique l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans la dernière édition de son "France, portrait social" qui consacre un focus particulier à l’état de santé et à la dépendance des seniors. D’autre part, "la part des personnes [vivant à domicile] déclarant un état de santé mauvais ou très mauvais y croît de manière continue avec l’âge, passant de 9 % des 65-74 ans à 25 % des 85 ans ou plus.", comme l’indiquent les auteurs de cette étude.

Outre les problèmes physiques dus à leur grand âge, ces personnes déclarent également davantage souffrir d’un mal-être psychologique (en particulier les femmes) en raison de leur isolement et de leur sentiment de non utilité pour la société. Leur santé mentale se dégrade avec la sensation d’être fortement limitée physiquement et en raison de relations sociales peu fréquentes.

Comment accompagner un proche très âgé ?

4,3 millions de personnes (dont 62 % sont des femmes) apportent une aide non professionnelle régulièrement à leur proche très âgé. Dans 44 % des cas, il s’agit du conjoint, 13 % d’un parent, 14 % d’un autre membre de la famille et 17 % d’un ami ou d’un voisin. Quand la personne très âgée vit encore à son domicile, cette aide se traduit par le fait de faire les courses pour son proche, son ménage, sa toilette, prendre les rendez-vous médicaux ou encore effectuer des démarches administratives. Ce peut être aussi accompagner son proche dans ses déplacements ou gérer son placement dans un centre de soins ou une maison de retraite. L’aidant est aussi là pour soutenir psychologiquement son proche âgé.

Le proche aidant doit ne pas oublier que la vieillesse n’est pas une maladie même si elle s’accompagne de fragilités et de pathologies spécifiques. L’attention et le respect doivent être de mise et encore davantage quand le proche très âgé a perdu certaines facultés. Le proche aidant doit également être toujours à l’écoute pour savoir repérer la survenue d’une dépression, plus courante qu’on ne le pense chez les personnes âgées.

Accompagner un proche en perte d’autonomie n’est pas simple, ni de tout repos. Il s’agit d’un engagement lourd. Cette situation bouleverse le quotidien de l’aidant et transforme aussi les relations qu’il avait avec son proche. Elle peut même mener jusqu’à l’épuisement. C’est pourquoi il est nécessaire d’apporter du soutien aux aidants. Ce dernier peut être trouvé notamment auprès des points d'information locaux destinés aux personnes âgées, accueils présents sur tout le territoire. Il existe également des sites Internet dédiés aux aidants, tels que ceux de la Compagnie des aidants, Avec nos proches, Aidant attitude, ou encore Aides Alzheimer pour les aidants confrontés à cette maladie. Certaines associations proposent aussi des formations pour réfléchir au rôle d’aidant ou pour s’informer sur les maladies qui touchent plus particulièrement les personnes très âgées, via des "plateformes d’accompagnement et de répit".

Devant le défi que représente la prise en compte du vieillissement et le soutien que doit apporter l’entourage à ce moment de la vie, une loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement, votée en 2015, fixe pour objectif la construction d’ "une société où chacun puisse bien vieillir. Elle propose d’améliorer et de faciliter le quotidien des personnes âgées et de leur entourage", et vise à permettre aux aînés de vivre le plus longtemps possible en autonomie.

Cette loi prévoit notamment la reconnaissance du statut de "proche aidant", mais aussi ce qu’elle nomme le "droit au répit" qui donne à l’aidant les moyens de prendre du repos. Ainsi, le congé de proche aidant a vu le jour en janvier 2017 pour succéder au congé de soutien familial. Il s’agit d’un congé rémunéré pris en accord avec son employeur qui permet de suspendre ou de réduire son activité professionnelle pour accompagner un proche en perte d’autonomie.

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